La performance énergétique n’est plus une simple information dans une annonce : elle a un effet direct sur les revenus locatifs en Wallonie. D’abord, le certificat PEB est obligatoire dès la mise en location, à charge du bailleur, exactement comme à la vente. Ensuite, et c’est le levier le plus puissant, l’indexation annuelle du loyer a été conditionnée à la classe énergétique.
Concrètement, pour un bien correctement classé, le bailleur peut indexer pleinement le loyer chaque année à la date anniversaire, selon la formule légale fondée sur l’indice santé. Pour une passoire énergétique classée PEB F ou G, l’indexation est en revanche encadrée et limitée en Wallonie. Le fait contre-intuitif pour beaucoup de propriétaires : la sanction ne prend pas la forme d’une interdiction de louer, mais d’un manque à gagner qui se cumule année après année sur l’indexation. Deux biens loués au même prix de départ divergent avec le temps si l’un est en classe C et l’autre en classe F.
Cet encadrement transforme le PEB en argument financier. Rénover pour passer d’une classe F ou G à une meilleure classe restaure la capacité d’indexation et, souvent, permet de relouer plus cher et plus vite en réduisant la vacance locative. C’est un calcul d’investissement, pas seulement une contrainte. À Bruxelles et en Flandre, des dispositifs liant PEB et loyer existent aussi, mais leurs modalités diffèrent de celles de la Wallonie.